C'est reparti pour un tour !

Oyez, oyez.

Amis lecteurs, lectrice, passeurs, passeuses, et j'en passe.

Me revoilà, bac en main, caméra dans l'autre sur les sentiers de la fac de philo & cinéma de Paris VIII.

Après un silence prolongé imposé par certains examens (de conscience pour la plupart) me revoilà devant mon ordinateur et mon clavier vous déversez ma version de l'actualité, quelque chose d'un peu plus limpides que ce que nous voyons tous le soir à 20h sur les différends journaux télévisés.

En pleine crise économique, alors que des centaines d'immigrés sont raccompagné à leur frontière, que l'ont va fliqué les mômes dés la maternelle, que le bébé de Rachida soulève les foules tandis que les terroriste visent paris depuis quelque semaine, il est impossible de rester silencieux les bras balant sans rien faire.

Et malgré mes projets, malgré dynamite canal production qui grandit à pas de géants il me parait nécessaire de continuer la rédaction de ce blog trop longtemps endormi.



We're back baby !


C'est reparti pour un tour !
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# Posté le vendredi 05 décembre 2008 06:52

Aux gréviste-mais-pas-trop

Aux gréviste-mais-pas-trop



Aujourd'hui je suis étudiant, et je viens de comprendre pourquoi demain je serais chômeur.

J'étudie dans un cursus des plus provocateur, et inutile dirons certain, à savoir philosophie & cinéma.
J'entre dans ma quatrième semaine de mobilisation contre des réformes et des décrets qui s'inscrivent tous dans une même logique de destruction massive de l'individu en tant que tel, de l'esprit critique, de la recherche audacieuse, de la pensée provocatrice pour laisser place à un vaste état privé où l'argent devient l'unique moteur.
Je suis utopiste.
Je crois en un service public de qualité entièrement financé par l'état, même si cela doit faire de moi un sale gauchiste.
Mais, surtout, je suis profondément déçu.

Déçu par le comportement de mes maîtres, de mes camarades, de mes concitoyens. Je suis déçu par nous qui avons d'ores et déjà baisser les bras devant les combats futur...

Alors je vous écris ces deux lettres ouvertes :





« A vous, les grévistes-mais-pas-trop,

Vous les chargés de cours non solidaire,
Vous les personnels planqués,
Vous les enseignants chercheurs en vacance,
Vous tous qui ne respectez pas la grève avec toutes les meilleures raisons du monde,
Je vous méprise.

J'ai compris aujourd'hui pourquoi mes larmes ont coulé lorsque j'entendais notre omniprésident rire qu'une grève en France ne se remarquai plus depuis son arrivée au pouvoir. En venant m'informer de l'inscription pour les cours d'un semestre qui n'a – administrativement – pas commencé, l'enseignant me rassure : « il n'y à aucun problème, je suis solidaire du mouvement, par contre il faudra tout rattraper pour la notation, je n'ai pas fait cour pour rien tout de même ».
Et c'est là que l'on se sent profondément inutile, presque insulté. Et c'est pourquoi je vous dit :

Soyez clairs, soyez conséquents avec vos idéaux. Ne soyez pas les vaillants résistants de 1946 qui furent les prompts collaborateurs de 1944.
Et si les mots de résistance, de principes, d'idéaux ou ne serait-ce que d'engagement, ont perdu tous leurs sens lorsque vous les prononcez, n'attendez pas que l'on décapite le roi pour les questionner.

Alors à partir de maintenant je considérerais gréviste et « solidaire » toute personne qui à démissionné de sa mission administrative, i.e. dans l'enseignement : à conduire les élèves au diplôme. Et si les réformes actuelles s'ancrent au point que le service minimum s'applique jusque dans la pensée, nous avons déjà perdu.

Non, la grève ne nous empêche pas de penser, elle ne nous empêche pas d'apprendre, elle nous empêche de suivre ceux qui nous tire vers la falaise. Et quand on ne comprend pas cela, et que l'on continu, jusqu'à ce que mort s'ensuive, à fonctionner « comme si de rien n'était », c'est que l'on fait parti de ceux qui nous tiennent en laisse pour se jeter avec nous.
Arrêtons l'hypocrisie ambiante, une grève c'est l'opposition, c'est l'arrêt, c'est une arme, c'est notre tribune, c'est notre force, notre moyen d'action, notre parole, notre liberté.

Donc je lance un appel, à tous ceux qui se planquent derrière des justifications hypocrites, tous ceux qui se reposent sur la force des autres pour militer du fond de leur canapé, tous ceux qui suivent le mouvement comme ils suivraient l'autre camp s'ils étaient les plus forts : Assumez vos opinions et vos idéaux, quelqu'ils fussent.

Toute personne qui se déclare solidaire à ce mouvement de grève tout en étant assez lâche pour fuir devant les responsabilités, éthiques et morales, qu'une telle déclaration implique ne méritera que le plus profond des mépris.

En espérant que ces mots guidés par la colère et la déception n'en provoquent pas plus,

Cordialement : Morgann François Gicquel »








« À vous, les étudiants lâches

Vous les étudiants en licence, qui se persuadent d'être trop jeune pour comprendre,
Vous les ex-lycéens, apeurés devant la profondeur d'action qui furent les vôtres lorsqu'il faisait trop beau pour aller en cours,
Vous les étudiants syndiqué qui résument les luttes à des conflits de badges, d'autocollant et de couleur de tract,
Vous les planqués,
Vous les pinailleurs,
Je ne vous comprends pas.

Je vous demande pardon dès le début de cette lettre pour prendre le rôle moralisateur et infantilisant que l'on reproche aux professeurs depuis si longtemps. Mais si c'est d'une bonne fessée dont on à besoin, et même si cela me vaut d'être haït pour cela, je serais fier de pouvoir la donner.

Ma colère et ma déception qu'on sût attiser les enseignants non grévistes (ou « solidaire ») est né à cause de vous. En naviguant entre des assemblées générales presque vides, où le contenu se résumait à des votes formel, inutile, et infondé, où les points bilans faisait place à des « pas d'accord » enfantin, et où le discours soporifique des quelque courageux syndiqués mettaient à mort l'élan révolutionnaire, je n'ai pas reconnu ma génération.
Mais blâmer ceux qui ont au moins la décence de venir en assemblée générale étudiante serait trop facile. Car quoi, si l'on se retrouve là c'est bien que sur 20 000 étudiants nous ne somme qu'une centaine à luter pour les droits de tous.

Et quelle lutte ! Entre les radicaux d'un côté prêt à foutre le feu à l'université toute entière, laissant derrière eux le restes chaotique des publicités qu'ils croisent, même si celle-ci informe des salons de l'éducation, dans un mouvement de rage incohérent et décrédibilisant comme pour répondre à un besoin instinctif, presque bestial, de confrontation. Entre les gentils syndiqués qui nous expliquent la « bonne » grève, le pourquoi du comment en 5 leçons élémentaires, et qui fuient dès les premières signe de conflit. Entre les élèves je-m'en-foutiste au point de se la couler douce en espérant récolter les fruits de la gloire. Il y a les étudiants perdu, convaincu du bien fondé de la lutte, incapable de rejoindre l'un des trois camps, constituant une force beaucoup plus grande que ces quelques clan car uni par les idéaux, le besoin de changer et non pas celui de discuter de la couleur d'un tract.

Je fais partie de ce dernier cas, et j'ai honte de nous tous quand j'assiste à des actions, des réunions, où l'on s'aperçoit que le besoin de changer, n'est régi que par des intérêts personnels, parfois de pouvoir, et qu'il ne s'agit pas d'une révolution, ni même d'une grève, mais bien de conflit d'intérêt lorsque l'on regarde les étudiants aujourd'hui.

À ceux qui me diront que cette grève n'est pas la nôtre, laisser donc mourir le médecin puisque ce n'est pas vous qui êtes malade, laisser un pays tomber sous des forces ennemies puisque ce n'a jamais été un pays allié aux vôtre, laisser brûler des livres puisque ce ne sont pas ceux écrit dans votre langue, laissez-vous faire, restez dans votre égoïsme profond mais ne criez plus Victoire ou Défaite, car cette grève ce n'est plus la vôtre, mieux, cette université n'est plus la votre.

Si l'université que je dois défendre est une université pleine de gens avides, d'étudiants paresseux prêt à abandonner leurs droits face au confort et à la sécurité, si c'est une université de l'égoïsme et du désengagement, du maniaque méticuleux obsessionnel, de la production d'étudiants fluides et malléable, si c'est cette université que je dois défendre aujourd'hui, alors, je ne suis plus gréviste.

En espérant, et en sachant, que vous me donnerez tort.

Cordialement : Morgann François Gicquel »






Je doit dire qu'après les aventures d'aujourd'hui, les mots ont encore leurs forces, Freud disait qu'avec eux « un homme peux rendre son semblable heureux ou le pousser au désespoir ». L'incohérence entre les mots, et les actions, celle entre les idées, et les faits, me bouleverse dans ma qualité de jeune étudiant.

Sans dresser un tableau pessimiste de la situation actuelle, force est de constater, que la situation n'est pas optimiste pour autant. J'ai écrit ces deux lettres sous le coup de la colère, il n'en reste pas moins que je ne reviendrai jamais sur un seul des mots que je viens d'écrire.

L'expérience salvatrice de l'écriture porte conseil, si un jour quelqu'un lit ces mots qu'il en fasse de même.

Aujourd'hui je suis étudiant, et j'ai enfin compris pourquoi demain je serais chômeur.


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# Posté le jeudi 05 mars 2009 15:43

Pour les empêcheur de tourner en rond


Venez vous joindre à la
RONDE INFINIE DES OBSTINÉS
(à l'initiative de l'université Paris 8)

Sous le nom de "Ronde infinie des obstinés", nous organisons la marche permanente de tous ceux qui, à un titre ou à un autre, estiment que l'idée même d'Education Nationale, d'université, d'enseignement et de recherche est mise à mal par les réformes actuelles. Non, l'université n'est pas une entreprise ni le savoir une marchandise.

Lundi 16 mars 2009, un ultimatum a été lancé publiquement place de l'Hôtel de Ville de Paris (voir ci-dessous). Une première ronde a réuni une soixantaine de personnes qui ont tourné pendant 1h, en guise d'avertissement. (Le film de cette action se trouve en haut).

Si le gouvernement ne répond pas à cet appel d'ici le 23 mars à midi, la ronde se mettra en marche, jour et nuit, en place de grève (parvis de l'Hôtel de Ville de Paris).
Cette action inédite et lancinante est à la mesure de notre détermination. Cette ronde est un lieu de partage, de débats et de palabre, de réflexion, de résistance.

Nous appelons tous les citoyens solidaires à venir se joindre à la ronde infinie des obstinés.

Venez quand bon vous semble. Vous pouvez aussi signaler votre participation individuellement ou collectivement sur une tranche horaire particulière à : http://www.doodle.com/dwgnpdqdf2qg2cki




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ULTIMATUM DU 16 MARS 2009

Nous enseignants-chercheurs, étudiants et personnels Biatoss en grève depuis le 2 février 2009 lançons solennellement un ultimatum aux ministres Valérie Pécresse et Xavier Darcos.
Nous exigeons, ainsi que le demande depuis 6 semaines la Coordination Nationale des Universités, le retrait de la loi LRU et du pacte de recherche, comme des mesures qui en découlent :
le retrait du projet de décret concernant les Enseignants-Chercheurs y compris dans sa dernière version
le retrait du projet de réforme de la formation et du recrutement des enseignants des écoles, collèges et lycées,
le retrait des suppressions de postes statutaires à l'université et ce dès 2009, ainsi que le retrait de la réforme d'allocation des moyens financiers fondés sur une prétendue performance,
le retrait du projet de contrat doctoral unique,
l'arrêt du démantèlement des organismes de recherche

Ces retraits sont pour nous un préalable pour pouvoir engager une véritable discussion et confrontation, dans une démarche d'Etats généraux des universités à mener en toute indépendance et qui prennent en compte l'ensemble des revendications portées par la mobilisation actuelle.

Si dans une semaine, soit le LUNDI 23 MARS, à midi, le gouvernement n'a pas pris en compte ces revendications, nous marcherons en Place de Grève jour et nuit.
Nous tournerons jour et nuit pour manifester notre obstination.
Nous marcherons sans fin car nous n'avons aucune intention de céder.

En Place de Grève, nous appellerons à LA RONDE INFINIE DES OBSTINÉS tous les personnels de l'éducation nationale, étudiants, lycéens, les parents d'élèves et tous les citoyens solidaires à nous rejoindre à toute heure du jour et de la nuit.

Université Paris 8 Saint-Denis
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# Posté le mercredi 18 mars 2009 03:18